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Pour toi, Marie-Christine

16 décembre 2019

Marise Toupin

Le trio infernal

L’amitié indéfectible de trois amies

Trois belles jeunes femmes... Trois petites filles encore. Des heures à se parler, assises sur un lit de Trois-Rivières ou dans notre univers de camp de vacances. Pas tout à fait sages, juste parfaites dans notre début vingtaine. Une époque lointaine où s’appeler voulait dire parler accroché à un combiné, dans la cuisine familiale. Le parfait bonheur. Des projets à la tonne, les études, les si et les peut-être remplis d’avenir.

La pire des nouvelles s'abat sur nous

JUSQU'AU JOUR OÙ...

Ce jour où tout a basculé. De trois nous sommes devenues deux à tenir le fort, et une à se battre. Deux à pleurer accrochées au combiné de la cuisine familiale, une à se démener pour survivre.

Un début vingtaine à se dire que tu ne perdrais pas tes cheveux, pfff pas toi! Tu les as perdus, plus d’une fois.

J’aurais envie de dire que je nous l’aurais voulu plus simple... mais si c’était le seul moyen pour aborder la quarantaine à trois, I’m ready! Cette fois-ci, par contre, on partage les coups, deal?

Parce qu’à un âge où on devait faire la fête sans trop se soucier des lendemains, on a jasé de mort, de vie aussi, de PICC line, de greffe, de cellules, de globules et de tous ces narcotiques qui nous ont parfois permis de voir la vie en riant mais qui t’en ont fait oublier des bouts.

Ce foutu cancer ne t’a pas donné de répit. Il t’a trimballée de traitement en traitement, dans ces chambres où on a pas pu toujours te visiter.

Même malade, on fête!

Marilyn, Marie-Christine et Marise lors de la 3e rechute de Marie-Christine

Continuer à vivre, malgré tout

Le cours de la vie

Parce la vie a continué et m’a offert un petit Jacob à aimer. Parce qu’à un an, c’est toujours malade ces petites bêtes-là et que je me refusais à aggraver ton cas. Alors on s’est appelées, coûte que coûte. 17 heures, qu’on s’était dit. De mon côté du combiné, je ne pouvais qu’imaginer la vie, ta vie, mais je pouvais mettre toute mon énergie à te faire vivre la mienne le temps d’un appel.

On s’est couché trop souvent, les doigts croisés, les larmes aux yeux, le coeur en miettes en espérant juste pouvoir vieillir les trois ensemble. On a arrêté de respirer trop de fois, ces jours où tu avais un scan, un tep scan et alouette! Je le sais, tu le sais, Marilyn le sait, t’aurais fait pareil pour nous.

Mais, tu sais quoi, ces nombreuses années de traitement, de la chimio à la greffe, nous ont permis de rester trois. Fou raide ce que la médecine nous a laissé! Elle nous a laissé une amie!! Quelque part dans le monde, il y a une fille qui a fait ce don merveilleux. Et juste à côté de nous, il y a toi qui as reçu ce don.

Ce qui fait qu’on aborde la quarantaine à trois. Que les drames et les bonheurs, inhérents à la vie adulte, nous aussi on y a droit. Qu’on peut passer des heures à parler autour d’un bon souper. Juste ça, c’est le bonheur! Ce bonheur-là, on a voulu le partager. Marilyn et moi, on s’est inscrites sur la liste de donneurs de cellules souches. Notre objectif : offrir la possibilité à d’autres amies de garder leur best.

Puis bébé deux est arrivé. Le don de sang de cordon s’est imposé. Un don si facile, qui aura peut-être permis à des amies d’aborder l’âge adulte ensemble.

Transmettre à la nouvelle génération

LA PROMESSE DU FUTUR

Et le temps s’est installé. Ce temps qui nous permet de vieillir avec toi. Le temps faisant son œuvre, Jacob est devenu un ado qui a la chance de t’avoir comme marraine. Il a pu voir, de ses yeux, le bonheur de garder près de soi un être aimé grâce au don de cellules souches.

Il le dit haut et fort, à 18 ans il s’inscrira au registre. C’est beau, hein, la vie!

Avec amour, tes deux sœurs de coeur,
Marise et Marilyn

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